CRITIQUE : BLUE RUIN (DE JEREMY SAULNIER)

Vince 14 juillet 2014 0
CRITIQUE : BLUE RUIN (DE JEREMY SAULNIER)

Réalisateur : Jeremy Saulnier
ActeursMacon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves
Genre : Thriller
Date de sortie française : 9 Juillet 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h32
Classification : Interdit aux moins de 12 ans

Blue-Ruin-Poster

Ayant fait le tour des festivals depuis un an, le très remarqué Blue Ruin débarque enfin dans nos salles. Pour son deuxième film après la modeste comédie horrifique Murder Party en 2007, Jeremy Saulnier change radicalement de registre en s’attaquant au genre très codé du revenge movie. Un projet plus ambitieux pour ce jeune cinéaste prometteur.

Le pitch de départ est simple : un homme va se faire justice lui-même lorsqu’il apprend que le meurtrier de ses parents vient d’être libéré. Dès les premières minutes, tous les enjeux sont posés et ce premier acte constitue probablement la partie la plus intéressante du film. En effet, le film s’ouvre sur un premier acte quasi-muet et immersif qui réussit à attacher le spectateur à ce parfait anti-héros, Dwight, un vagabond hirsute errant au volant de sa Pontiac (ou du moins de ce qu’il en reste). Le film embrasse les mécaniques du vigilante movie et dénote un savoir-faire intéressant de la part de Jeremy Saulnier, à la fois réalisateur, scénariste et directeur de la photographie. Comme la plupart des films de vengeance, Blue Ruin partage cette même vision de l’Amérique : sauvage, âpre et douloureuse.

Si le film témoigne d’une véritable maîtrise de la mise en scène et des codes du genre chez Jeremy Saulnier, Blue Ruin pèche par un scénario faiblard. Malgré le changement intéressant du personnage de Dwight, brillamment interprété par Macon Blair (d’abord victime puis justicier), la deuxième partie du film est malheureusement bien moins inventive tant au niveau de la mise en scène que de la narration. Jeremy Saulnier s’enferme dans les codes du revenge movie sans jamais chercher à les transcender ou à les torpiller de l’intérieur. Résulte une spirale de violence efficace et souvent puissante mais prévisible, qui n’exploite pas son potentiel ironique (voire absurde) qui n’est pas sans rappeler le cinéma des frères Coen.

Souvent sur-vendu comme le digne héritier du Sang pour Sang des frères Coen, Blue Ruin est loin d’atteindre l’ampleur du cinéma de ces derniers mais reste un pur film de genre redoutablement efficace, maîtrisé et juste dans l’écriture de ses personnages. Si l’on peut reprocher au film quelques problèmes de rythme et un récit convenu, Jeremy Saulnier s’impose comme un jeune cinéaste aux multiples casquettes assurément à suivre.

Bande-annonce de « Blue Ruin » :

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