LA MUSIQUE DE FILM CHEZ QUENTIN TARANTINO : ENTRETIEN AVEC PHILIPPE ROURE

Michael 14 juillet 2026 0
LA MUSIQUE DE FILM CHEZ QUENTIN TARANTINO : ENTRETIEN AVEC PHILIPPE ROURE

Philippe Roure est un graphiste, directeur artistique, et auteur-réalisateur. L’artiste est un amoureux du cinéma de Tarantino et de musiques de films, quoi de plus normal que de relier ces deux passions pour nous offrir un livre complet. La musique de film chez Quentin Tarantino est un petit bijou pour tous les amoureux de cinéma, de musiques et de Tarantino.

« Pour moi, les films et la musique vont de pair. Quand j’écris un script, l’un des premières choses que je fais est de trouver la musique que je vais jouer pour la séquence d’ouverture. » Quentin Tarantino

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Pendant plus de 230 pages, Philippe décortique avec passion les musiques des neuf films du Maestro. Morricone, Hermann, Jones, Hayes et beaucoup d’autres sont présents. Les scènes d’ouverture, les scènes cultes, chacun retrouvera son moment préféré. Image d’archives, discographies complètent cet ouvrage.

« Montrer un film fini à un type et le payer pour qu’il fasse la musique ? Et si ça ne me plaît pas ? Je ne laisserai jamais cette responsabilité à personne. La musique est trop importante ». Quentin Tarantino

Un livre à posséder d’urgence dans sa bibliothèque. Édité chez Hugo Doc, disponible dans toutes les bonnes librairies et sur les sites habituels.

Interview :

Watzup : Bonjour Philippe, on adore Quentin Tarantino, on adore les musiques de films, et comme nous l’avons écrit nous avons adoré votre livre. Comment avez-vous eu l’idée d’écrire sur la musique de cinéma de Quentin Tarantino ?

Philippe Roure : Je suis amateur de musique de films depuis l’adolescence. Un camarade de classe m’avait fait découvrir la B.O. de New York 1997. John Carpenter, donc. Ça a commencé comme ça.

Quant à la première B.O. que j’ai acheté, je pense que ça a été Il était une fois dans lOuest ou Le bon, la brute et le truand. Quoi qu’il en soit, du Ennio Morricone. 

À partir de là, je me suis mis à collectionner les musiques de films, avec une petite préférence pour les compositeurs italiens, tout en m’intéressant aux plus grands (Schifrin, Mancini, Goldsmith, Herrmann, …), puis par extension à quelques contemporains. 

Ce qui m’a plu assez rapidement dans le cinéma de Tarantino, c’est que j’y ai retrouvé beaucoup d’entre eux. C’était un peu comme un mix idéal : dans un film, plusieurs compositeurs de génie invités à la même table.

Mais au départ, La musique de film selon Quentin Tarantino était un projet de documentaire. J’ai trouvé un producteur qui l’a optionné, j’ai écrit un synopsis, le producteur a démarché, mais nous n’avons pas trouvé de diffuseur. L’option échue, je me suis dit que ça pouvait peut-être devenir un livre, et j’ai préparé un dossier dans ce sens. C’était évidemment plus facile que d’en faire un film. Terminant actuellement un documentaire musical, je réalise aujourd’hui le coût des droits des musiques. Le montant pour Tarantino aurait été astronomique. Je ne comprends même pas comment on a pu m’optionner un projet de documentaire avec un tel sujet (rire).

Watzup : Quel est pour vous la plus grande réussite filmique et musicale de Tarantino ?

Philippe Roure : Sans hésitation, Pulp Fiction. Parce qu’il y a une vrai cohérence et un parti pris à travers le choix du surf rock. Tarantino explique qu’en se tournant vers ce genre musical, il a cherché à évoquer une sorte de western spaghetti moderne. C’est une belle idée, et c’est très réussi. 

Je pense d’ailleurs que les meilleures B.O. chez Tarantino sont celles pour lesquelles il y a un cadre. C’est le cas de Jackie Brown, film hommage à la Blaxploitation, dont toute la bande originale est puisée dans les fleurons du genre. Même chose pour Once Upon A Time In Hollywood. La musique de la fin des années 60 y est un personnage à part entière, savamment distillée par KHJ, la radio la plus dans le vent à Los Angeles à cette époque. 

Le meilleur contre-exemple, c’est Kill Bill, B.O. complètement foutraque, bien que ses deux volumes soient l’occasion de décalages ingénieux, comme dans le premier avec cette idée improbable de plaquer « Don’t let me be miss understood » de Santa Esmeralda sur le duel au sabre final. Et ça fonctionne parfaitement.

Watzup : Quel est pour vous le meilleur compositeur de films ?

Philippe Roure : C’est très subjectif. J’en aime beaucoup, mais mon préféré reste Ennio Morricone. La scène dans Il était une fois dans l’Ouest où Claudia Cardinale descend du train, attend sur le quai… À ce moment précis démarre le thème de Jill. Elle hésite, entre dans la gare et en ressort côté ville. Ça me donne des frissons à chaque fois, limite jusqu’aux larmes. Qui d’autre est capable de concevoir un tel thème ? Même chose avec « The Ecstasy of gold » dans Le bon, la brute et le truand. Ce thème qui s’arrête et reprend, va crescendo, à chaque fois enrichi…  Ce sont des moments de cinéma inoubliables. Je pense aussi à Il était une en fois en Amérique, mon film préféré, ou encore Les Incorruptibles. Il y a tous les autres western spaghetti, les gialli, quelques films érotiques… L’œuvre de Morriconne est monumentale. Et c’est à chaque fois une bonne surprise.

Watzup : Merci Philippe. Je ne vous cache pas que vous m’avez donné envie de voir votre livre en documentaire. À bientôt.

Philippe Roure : Merci Michaël, on verra bien. À bientôt.

Philippe Roure, en photo ci-dessous, a également co-réalisé, avec Philippe Guedj, l’excellent documentaire : Christopher Reeve le Superman éternel, dont nous avons déjà parlé. L’œuvre est disponible sur HBO Max.

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