Critique : Snowpiercer, le Transperceneige

Julien 3 novembre 2013 0
Critique : Snowpiercer, le Transperceneige

Réalisateur : Bong Joon Ho
ActeursChris Evans, John Hurt, Tilda Swinson, Jamie Bell, Song Kang-Ho
Genre : Science-fiction
Sortie française : 30 octobre 2013
Pays de production : USA, Corée du Sud
Durée : 2h06
Classification : -12 ans

Le réalisateur coréen Bong Joon Ho (bien connu des fans du cinéma coréen pour ses grands films comme Memories of Murder, The Host ou encore Mother) revient pour son premier long-métrage en anglais.

Synopsis : 2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Il s’agit d’une adaptation de la BD française Le Transperceneige de Jean-Marc Rochette et Jacques Lob  sortie en 1984 (j’annonce d’emblée que je ne l’ai malheureusement pas lue). Pour mener à bien cette adaptation, le réalisateur s’est entouré d’un prestigieux casting (Chris Evans, John Hurt, Tilda Swinson, Jamie Bell ou encore son acteur fétiche Song Kang-Ho) ainsi que de Park Chan-Wook (le réalisateur du formidable Old Boy) à la production.

Une mise en scène astucieuse et maîtrisée

snowpiercer-le-transperceneige-affiche-franceLa principale difficulté du film réside dans le fait qu’elle se passe à 95% dans un train ! Il faut donc composer avec une largeur restreinte et tenter de ne pas ennuyer son spectateur avec des scènes répétitives. Heureusement le talent de Bong Joon Ho dans la mise en scène est ici une fois de plus mis en valeur : Chaque nouveau wagon offre son lot de péripéties, toutes très différentes, dans un cadre différent. Il n’y pas de répétition et on vit vraiment cette histoire de l’intérieur du train.

Certaines scènes d’actions sont totalement folles et parfaitement chorégraphiées (cinéma coréen oblige !). La scène de baston dans le tunnel est absolument mémorable et certains passages ne sont pas sans rappeler le plan séquence culte d’Old Boy.

Les décors sont somptueux à chaque nouveau wagon et les quelques scènes à l’extérieur du train offrent des effets spéciaux assez époustouflants ! Étonnant pour un film qui n’a couté « que » 39M$ !

Chris Evans et Song Kang-Ho auront fort à faire pour atteindre l'avant du train !

Chris Evans et Song Kang-Ho auront fort à faire pour atteindre l’avant du train !

Du côté des acteurs, Chris Evans montre qu’il a du talent loin du costume de Captain America, Jamie Bell et John Hurt sont excellents et Song Kang-Ho est impeccable comme à son habitude !

Alors certes la lutte des classes est un sujet beaucoup traité au cinéma (on a eu Elysium il y a peu) mais ici l’opposition des wagons, du mouvement du train et de l’immobilisme des hommes apporte un plus à la réflexion. On a droit à la fois à un très bon film noir sur la lutte des classes mais également à un très bon film de science-fiction. On regrettera cependant quelques longueurs, un rythme trop heurté et une certaine retenu dans la violence, chose inhabituelle pour le cinéma coréen !

Une fin qui fera polémique…

Une des époustouflantes scènes à l'extérieur du train.

Une des époustouflantes scènes à l’extérieur du train.

Et bien qu’on ait à faire à un film mi-coréen mi-américain, le fait que Park Chan Wook soit à la production permet au réalisateur d’aller au bout de son adaptation. Sans rien dévoiler, on n’a pas droit à une fin mielleuse typiquement Hollywoodienne, qui tente de tout expliquer mais bien une fin qui bouscule son spectateur.  Certains trouveront la fin loufoque, tirée par les cheveux (dû à l’habitude de la fin américaine, qui cherche toujours à tout expliquer) mais elle a le mérite d’offrir une belle réflexion sur la nature humaine, l’utilitarisme (doctrine éthique qui privilégie le bien du plus grand nombre quitte au détriment d’un petit groupe). Un film qui mérite donc qu’on s’y arrête un instant, qu’on le laisse murir après la projection pour bien réfléchir à cette fin !

Malheureusement nos amis américains n’auront à priori pas la même fin que nous. Étant donné que le projet est chapeauté par les frères Weinstein, ils ont décidé de couper les 20 dernières minutes et de rajouter une voix-off pour tout expliquer… Les Weinstein font encore un massacre dans le cinéma…

Snowpiercer, le Transperceneige est donc un film très réussi à la fois du côté science-fiction mais du côté de la réflexion sur la lutte des classes également. Jouissant d’une mise en scène quasi parfaite qui arrive à composer avec l’espace restreint, on embarque dès les premiers instants à bord de ce train, pour en sortir bouleversé à la fin de la séance. Encore une réussite du cinéma Coréen !

Bande-annonce du film « Le Transperceneige »

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